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Les poils, on les cache honteusement, on les épile, ou on les arbore comme un trophée, suivant les modes et les cultures. Mais jamais ils ne laissent indifférent !

Cachez ce poil que je ne saurais voir !

Les modes passent, changent, et se renouvellent tout en se copiant. Ce qui était impensable hier devient le must et retombera sans doute dans les oubliettes de la ringardise dans quelque temps. Il en va des tenues vestimentaires comme des musiques, des lieux à fréquenter ou… des poils !

Entre le no shave (absence totale de dépilation), le no bra (à bas le soutien-gorge !) ou le no make-up (plus de maquillage), la mode est aujourd’hui à la liberté : celle de revenir à une beauté plus naturelle, moins sophistiquée et surtout, en dehors des diktats de la beauté qui faisaient loi il y a encore peu de temps.

Le poil est à la mode ! Il s’affiche, se compare, se décore et se revendique.

La marque Billie qui vend des rasoirs affiche ainsi des mannequins aux aisselles rasées en duo avec des mannequins aux dessous-de-bras poilus. Vous noterez que les demoiselles sont comme vous et moi, parfois minces, parfois plus dodues, avec de la cellulite et des poils, bref… normales !

En janvier, c’est pour beaucoup Dry January. Plusieurs femmes se sont lancées en 2019 dans le Januhary : un défi qui consistait à ne pas s’épiler pendant un mois et à s’afficher ensuite sur Instagram. On note d’ailleurs sur ce réseau une recrudescence de comptes qui affichent du poil partout. Ce qui n’empêche pas que le sujet soit toujours aussi polémique…

Quand le scandale arrive par le poil

En 2019, le top Emily Ratajkowski a fait scandale en montrant ses aisselles poilues sur Instagram et Harper’s Bazaar.Lorsqu’on lui demande pourquoi elle décide d’afficher sa pilosité, la jeune femme répond : « ça me fait du bien, et c’est mon choix, non ? N’est-ce pas ce qu’est le féminisme, le choix ? ». Mais elle n’était pas la première : de nombreuses femmes anonymes montrent leurs poils sur les réseaux sociaux et quelques célébrités, dont Madonna, Paris Jackson ou Angèle…

On peut néanmoins se demander si le choix est vraiment individuel et profond ou s’il est mené par des intentions plus mercantiles. Le poil en effet attire le buzz, comme l’a montré une pub Adidas de 2017 qui affichait des jambes féminines poilues.

Aimer le poil serait-il de plus une perversion ? Saviez-vous que les films de sexe avec des acteurs non épilés font partie d’une catégorie à part dans les sex-shops ?

Ce qu’il est intéressant de noter, c’est que les poils sur une jolie mannequin mince et bien habillée ne choquent personne (ou pas trop). Mais sur une femme normale ou pire, sur une femme forte, c’est un scandale et on s’insurge sur le fait qu’elle ne prend pas soin d’elle et même que c’est « dégoûtant »…

Un des reproches qu’on fait aux poilues est que le poil attire le regard : un maillot non épilé attire l’œil – or sous le maillot il y a un sexe… qu’on ne saurait voir ! Les messieurs sont plus chanceux : le poil fait viril et attire ces dames. Bon, sauf s’il y en a trop. Là, on n’aime plus du tout ça. Mais les temps changent et les hommes sont désormais nombreux à fréquenter les instituts pour se faire épiler les épaules, le dos, les pectoraux…

Des chiffres au petit poil

Impossible de vous parler de poils sans mentionner l’enquête toute récente menée par Charles.co et l’Ifop sur Les pratiques dépilatoires et le poids des injonctions liées à l’épilation. Jetez au moins un œil sur l’infographie, c’est passionnant !

Quelques chiffres tirés de cette enquête :

  • Un homme sur deux (45%) n’entretient pas du tout ses poils pubiens, et presque une femme sur deux également (41%)
  • Un quart des Françaises (24%) pratiquent l’épilation intégrale, alors que près d’un tiers des hommes (32%) préfèrent l’épilation totale des poils pubiens chez les femmes. Bizarre de noter que les deux sexes ne sont pas trop raccord sur la pratique à adopter !

Ce qu’il est très intéressant de noter, c’est la tendance générale : les pourcentages des femmes qui s’épilent diminuent, que l’on parle des aisselles, des bras, des jambes ou demi-jambes, du maillot ou du sillon inter-fessier. Des chiffres à lier sans doute aux confinements de ces derniers mois, où il semblerait que nous ayons moins pris soin de notre esthétique. Il faut dire qu’enfermées chez nous en télétravail, nous pouvions nous « laisser aller » à tester le mollet poilu ou de dessous de bras touffu !

Entre 2013 et 2021, le nombre des femmes épilées a beaucoup baissé (85% à 72%). « Environ une Française sur deux pourrait cesser toute dépilation du maillot et des jambes mais elles sont moins d’une sur cinq à pouvoir le faire toute l’année, la plupart estimant qu’elles ne pourraient pas garder des poils durant les saisons où ils sont plus visibles. »

Culture du poil : en savoir plus pour vous faire votre propre opinion

  • Jusque dans les années 1970, on retouchait les poils des femmes sur les photos pour les cacher, notamment dans les magazines de charme Lui et Playboy.
  • Les Portugaises sont poilues. Non ! Enfin pas plus que vous et moi.  Mais au XVIe siècle, les Portugaises qui vivaient au Brésil avaient pris l’habitude de laisser pousser leurs poils pour qu’on les distingue des Indiennes locales. D’où la légende…
  • Pendant la 1re guerre mondiale, le poil était synonyme de courage et de virilité : honneur aux Poilus !
  • C’est la faute du latin si on n’aime pas les poils ! le verbe horripiler vient en effet de horripilare qui signifie avoir le poil hérissé… Ou comment berner l’inconscient collectif !
  • Dans l’Égypte Antique, les pharaons et les prêtres s’épilaient intégralement en signe de pureté. Les riches Égyptiennes se faisaient également épiler. Idem pour la Grèce antique : seuls les esclaves étaient poilus !
  • Les Romains et Romaines s’épilaient également. C’est au Moyen-âge que le poil revient, car l’Église catholique interdit l’épilation. Mais les femmes dénudent leur front et s’épilent ou se rasent les sourcils.
  • C’est Harper’s Bazaar qui lance la mode des aisselles épilées en 1915 avec un mannequin aux bras levés et dessous-de-bras glabres.
  • Ce n’est pas pour filer plus vite dans le vent que les cyclistes s’épilent, mais pour désinfecter plus facilement leurs plaies en cas de chute !

Le choix du poil : celui qui vous fait vous sentir bien

Les bonnes raisons d’être « à poils »

  • Revenir à un état plus naturel du corps et s’accepter tels que l’on est.
  • Vous libérer des normes esthétiques du moment et des diktats de la mode.
  • Éviter l’inconfort de l’épilation – et le fait qu’il faut toujours et encore recommencer.
  • Gagner du temps pour faire d’autres choses plus intéressantes.
  • Économiser vos sous pour des dépenses plus funs (pourquoi pas des sextoys ?)
  • Éviter l’utilisation de produits potentiellement nocifs ou pas très bons pour notre peau. L’épilation au rasoir peut de plus abimer votre peau avec des micro-coupures et des infections.
  • Stopper la destruction de vos glandes sébacées et limiter la sécheresse vaginale qui intervient souvent à la suite d’épilations définitives.
  • Réduire l’apparition de MST engendrée par la disparition de la barrière naturelle que sont les poils pubiens.
  • Mieux réguler son corps, ainsi que la nature l’a conçu : les poils ont un rôle de régulateur thermal en retenant la sueur quand la température monte. En hiver, ils capturent en se redressant (la chair de poule) une petite couche d’air tiède pour nous tenir bien chaud. Ils protègent aussi des UV.
  • Profiter des vertus de vos phéromones pour réveiller vos envies de câlin : les poils les propagent et stimulent l’attraction sexuelle ! Ensuite, à vous de jouer !

Oublier les idées reçues, encore trop courantes

  • Si vous ne vous épilez pas, c’est que vous êtes paresseuse
  • Une femme poilue n’est pas féminine / est homosexuelle
  • Un homme poilu est viril
  • Un homme trop poilu, c’est dégoutant, on dirait un singe…
  • Pas un homme ne voudra de vous si vous ressemblez à Chewbacca
  • … et bien d’autres clichés stupides et réducteurs qu’il est temps d’éradiquer de nos pensées !

Les bonnes raisons d’éradiquer (ou domestiquer) nos poils

Une grande majorité des femmes pense que la séduction est non poilue (73%). L’épilation est donc une pratique à laquelle elles se soumettent pour se sentir désirables, ou tout du moins donner une image soignée. En 2013, elles étaient 90 % à le penser !

Le regard des autres importe un peu moins mais est tout de même très présent dans la décision de s’épiler : « on va me juger au bureau », « j’ai des réflexions »… Nombreuses sont celles qui préfèrent suivre la mode plutôt que d’avoir à se justifier ou supporter des regards indélicats ou critiques.

Les hommes avouent quant à eux ne pas forcément être dérangés par les poils, notamment du pubis. Alors qu’une femme aux gambettes poilues a tendance à plus les rebuter. Cherchez l’erreur…

Toujours est-il que le poil ne laisse personne indifférent. On déteste le voir, ou on l’affiche sous le nez des gens. Et les réactions sont toujours très vives : dégoût, propos violents sur les réseaux sont souvent la réponse apportée à celles qui osent. Au quotidien, ce sont des petites remarques blessantes, des rires ou moqueries… Le rapport aux poils est encore passionné et la société a bien du chemin à faire pour évoluer sur ce sujet.

Bref, nous n’allons pas résoudre le problème du poil en un jour ni en un article ! Ce qui est intéressant, c’est que les mentalités bougent un peu. Entre envie de choquer, désir de liberté, choix personnel et intime ou mode, chacun.e peut désormais être en paix avec ses poils et faire comme il le sent.

Alors, vous avez l’impression d’en avoir appris un poil plus sur le sujet ? 😉