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L’halieutique consumériste

mercredi 19 mai 2010, par Sens dessus dessous asbl

La publicité est un appât. Le pêcheur est un homme, il cherche à ferrer un autre homme (appelé consommateur). Donc l’homme n’est plus un loup pour l’homme, c’est un poisson. Un poisson un peu bizarre, qui ressemble à un pigeon. Ce pigeon qui nage en eaux troubles est constamment harcelé par la publicité.

Comment vivre sans publicité ? Très simple, il suffit de l’interdire. Appelez les responsables de toutes les sociétés publicitaires (2ème budget mondial après l’armement) et dites-leur que tout compte fait, on en a marre, et on va essayer de découvrir par nous-même s’il est utile ou pas d’acheter la boisson qui fait pschittt ou la voiture qui fait vroum-vroum.



Le processus d’infantilisation dans lequel l’industrie publicitaire veut nous maintenir fonctionne grâce au moteur de la frustration. Cette frustration engendre une véritable aliénation. L’aliénation, c’est "l’état de l’homme qui, ayant créé dans des conditions sociales déterminées des symboles et des institutions, s’y soumet ensuite aveuglément et est détourné ainsi de la conscience de ses vrais problèmes."

Nous sommes en pleine aliénation, le monde occidental "développé", la démocratie de marché est un immense asile rempli de fous de la consommation, maintenus en flux tendu par la publicité et les réflexes qu’elle induit.

Cela pourrait ne pas être grâve si les ressources naturelles étaient infinies, nous vivrions dans un espèce d’Eden où le pétrole coulerait à flot sans pollution, sans jamais souffrir de la faim, de la soif ou de maladies.

Mais non, bienvenue en enfer, notre modèle de société axée sur l’esclavage volontaire au travail, la consommation et la frustration nous a transformé en monstres d’égoïsme voire d’égocentrisme. Nous vivons aux dépens de la planète en surexploitant ses ressources et en grugeant les populations du "tiers-monde".

Supprimer la publicité pourrait déjà éveiller quelques consciences. Les gens qui en vivent crieront évidemment au déni de démocratie liberticide. Tous les rédacteurs en chef de ces journaux "d’information" paniqueront à l’idée de voir leur première source financière disparaître et devront enfin produire des médias de qualité. Tous les marchands d’espace publicitaire hurleront à la soviétisation de l’espace public et l’art pourra réintégrer les rues. Les chaînes de télévision disparaitront au profit de cordes d’éducation où la perche de la culture sera tendue en lieu et place du harpon du divertissement.

L’enjeu est de taille mais l’urgence est là, il nous faut agir et militer dans tous les azimuts pour ne plus noyer le poisson.

Dès que nous aurons obtenu la suppression de la publicité, nous demanderons gentiment le renoncement à l’armement, au nucléaire, au moteur à explosion et au carriérisme politique. Dans moins d’un mois tout devrait être rentré dans l’ordre. Bonne pêche.

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